La profession des notaires reprend la parole à travers une campagne presse diffusée dans les supports grand public. La question qui nous vient à l’esprit est « pourquoi » ? Besoin de construire ou défendre une image, créer de la notoriété, réagir face à la concurrence, générer du trafic dans les études…?

Un objectif d’image, c’est certain au vu du registre décalé utilisé, portant en auto-dérision les clichés que véhiculent la profession dans l’imaginaire collectif. Cela dit, personne n’attend d’un notaire des talents d’humoriste, bien au contraire. On va plutôt chercher chez lui la rigueur et l’impartialité, qui font de plus en plus défaut dans la société bousculée d’aujourd’hui où l’autorité est conspuée.

En s’appuyant sur le côté austère d’un professionnel gardien de la loi et en dehors des modes, la campagne nous vend de la réassurance, de la pérennité, du définitif. Mais finalement, la campagne nous apprend rien de nouveau. On reste dans les poncifs de la profession.

En fait, le véritable objectif sous-jacent de cette campagne est de développer un lien de connivence et proximité avec le grand public. Un désir de se faire aimer pour ce que l’on est. Pourquoi ? Parce que les ventes immobilières qui fournissent les deux-tiers du chiffre d’affaires de la profession ont conduit depuis 2009 à une baisse de l’activité du notariat de près de 20%.

Parce que aussi, dans la grande réorganisation des métiers du droit et de la justice, on apprend que leur monopole de l’acte notarial est menacé de disparaître par la création éventuelle d’un « acte d’avocat »… Finalement, c’est une campagne de fidélisation  pour une profession qui défend son pain, face à un avenir pas forcément perein, même pour eux.