On-n-a-pas-de-p-trole-.

C’est l’été, la France a chaud. Aussi chez wallace, nous avons décidé de lancer notre série estivale, les « flash back de l’été ». Chaque semaine jusqu’à la rentrée, nous analyserons une vieille campagne emblématique du bâtiment, de l’immobilier, de l’habitat & art de vivre. Une manière de revisiter les discours de l’époque et de les mettre en concordance avec la société d’aujourd’hui.


Pour inaugurer cette série, nous allons en 1974, revoir un spot des plus emblématiques qui soit, et qui donna naissance à une expression encore aujourd’hui vivace, c’est le film de l’Agence pour les économies d’énergie et le fameux slogan « En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ».

D’entrée, l’écran « communication du gouvernement » nous place dans la solennité. Le commanditaire de ce spot est l’ancêtre de l’actuel Service d’Information du Gouvernement (SIG), et l’annonceur n’est autre que l’actuelle Ademe. Un spot qui marque la fin d’une époque bénie de notre pays, les trente glorieuses, ses 2% de chômage, son ascenseur social qui fonctionne à tout va, et la confiance en l’avenir. Une époque qui semble s’être déroulée il y a des siècles.

Dans un ton totalement giscardien qui fleure bon l’ORTF, on est encore dans la pleine confiance en soi, dans le registre de la « grande puissance » historique, industrielle, et provinciale, mais sûr de ses atouts. 1974, c’est le début des conséquences du 1er choc pétrolier, avec un prix du baril qui a triplé dans l’année, et ce spot inaugure la politique française du tout nucléaire. Amusant aussi de voir comment la mise en scène est un concentré de grosses ficelles. Un cadre bucolique, apaisant, intemporel. Un père et son fils qui pêchent à la ligne. Un visage très masculin, rassurant, aux traits affirmés. Une voix d’oncle bienveillant.

Et finalement, ce spot, témoin d’un autre âge, nous transmet avec des mots désuets un message qui en 2010 est terriblement d’actualité. Ce pétrole, carburant des 30 glorieuses, nous a quelque part conduit à la situation où nous sommes aujourd’hui. Car en 30 ans, les causes ont changé mais les effets restent les mêmes. Déjà en 74, sans le nommer on nous parlait de développement durable, d’économies d’énergies, d’indépendance énergétique. On sent juste que depuis la volonté politique a perdu en vigueur.

Alors 35 ans après, qu’en est-il ? Comme le dit le prospectiviste Philippe Cahen, nous avons traversé depuis les « trente chahutées », pour depuis 2005 tenter de se persuader que les années à venir seront les « trentes vertueuses ». Une feuille de route pour le futur. Mais, si on a toujours pas de pétrole, a-t-on encore au moins des idées ?