Dunlopillo, célèbre marque de matelas, se diversifie dans les sofas, à travers une 1ère collection signée Ora-ito. Collection vendue en exclusivité chez Conforama, et qui a donné aussi lieu à une vente privée sur Facebook la semaine dernière, laquelle a apparemment rencontré quelques problèmes techniques. Peu importe, ce qui nous intéresse ici est l’utilisation d’un réseau social ouvert pour une opération commerciale « privée ». En effet, depuis un an, les grandes marques s’essaient à tour de rôle à monétiser leur présence sur les grands réseaux.

Le pionnier fut Dell USA qui utilisa Twitter pour poster des annonces sur son matériel reconditionné, émettre des coupons de réductions, ou lancer des invitations à des ventes privées. 3 millions de $ de CA ont ainsi été généré en 2 ans. Plus proche de nous, Carrefour utilise aussi le site aux 400 millions de membres pour annoncer quotidiennement une offre exclusive. Il est intéressant de noter, que contrairement à nombre de sites de ventes-privées qui utilisent Facebook uniquement comme relais de communication, le cas Carrefour puis Dunlopillo utilise des applications intégrées au site permettant ainsi l’achat « sur place ».

Car au contraire des ventes privées traditionnelles sur invitation, qui sont en fait du déstockage sous une forme de braderie remarketée dans lesquelles les grandes marques écoulent leurs collections précédentes discrètement pour ne pas porter préjudice à leur image, dans les cas présents elles s’affichent au grand jour et communiquent elles-même dessus. On est passé d’une obligation de discrétion à une volonté de proximité avec le client 2.0. Car là on montre sa compréhension des nouveaux modèles et on se donne une image moderne, branchée. Pour un coût minime ! Une page Facebook, une application store, des RP pour relayer l’initiative. C’est tout bon pour l’image et ça permet d’alimenter sa base de donnée prospects.

Pour finir, toutes ces initiatives, qui avancent encore un petit peu à tâtons, illustrent néanmoins une tendance forte, que l’on pourrait appeler le commerce « hors les murs » (à la manière des musées ou des festivals qui s’affranchissent de leur ville natale pour devenir nomades, et autres magasins éphémères ou itinérants). Les annonceurs sortent de leur réseaux de distribution traditionnels (et de leur propre site web) pour aller à la rencontre des clients, lesquels migrent massivement vers les places virtuelles. Les masses se déplacent, Facebook & consorts deviennent de nouvelles plazas mondiales, des forums permanents ou les marques montent peu à peu leurs stands. Une nouvelle géographie du commerce se dessine, affranchie des contraintes physiques et spatiales.

Tout ça sonne très moderne, mais finalement, le camion du fromager qui fait les marchés du département, ça fait cinquante ans qu’il pratique le one to one avec son pop up store ambulant, pour à midi trente faire des ventes flash privées sur les invendus périssables…

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