On connait tous les carnets Moleskine. Objet culte parce qu’intemporel, et rendu célèbre par un marketing de la mythologie voulant que nombre d’artistes se l’approprient en tant qu’objet fétiche. Voire. En tout cas, c’est un bel exemple de storytelling qui a permis de renforcer l’aura du produit auprès d’une cible CSP+. D’ailleurs, même si l’objet existe depuis deux siècles, ce n’est devenu une marque qu’en 1997, se positionnant comme le « Legendary Notebook ». Voilà pour l’histoire.

Et voici qu’aujourd’hui la marque fait le buzz en éditant une série limitée pour les 30 ans du Ô combien célèbre jeu vidéo d’arcade « Pac-Man ». Le carnet arbore un graphisme pixellisant et inclus des planches de stickers dédiées au jeu culte des années 80. Pour communiquer sur ce partenariat, un joli film tout en slow-motion commence à faire le tour du web, relayé de blog en blog par toute la communauté geek, élevée justement au Pac-Man il y a 30 ans.

Voici donc un cas de co-branding intéressant, car initié par deux marques cultes, mais aux univers diamétralement opposés. La première articule son discours autour de l’intemporalité, la légende et l’écrit alors que la seconde met en avant un personnage, intrinsèquement lié à l’histoire du jeu vidéo et à la culture de l’écran. L’encre et le bit en quelque sorte. Deux générations, deux cultures, deux histoires… deux publics…


Alors pourquoi les réunir ? A l’heure où l’on ne jure que par l’iPad et l’arrivée massive du ebook, où l’on remet (encore) en question la culture de l’écrit et du papier, la marque symbole du notebook traditionnel cherche peut-être à rester à l’esprit de la cible CSP+, laquelle est à la fois celle de Moleskine et des marques high tech type Apple… Où bien est-ce pour élargir sa cible et la rajeunir ? Les geeks d’aujourd’hui n’ont même pas tous connu Pac Man (sorti en 1980).

Toujours est-il qu’à la lecture des commentaires des internautes face à cette initiative, l’accueil de la démarche semble très bon. Une chose est certaine, la marque joue là sur la corde du fétichisme et de la nostalgie, dans une société de consommation marquée par l’éphémérité des choses et l’obsolescence programmée. Peut-être cherche t’on aussi à susciter une envie de transmission, entre parents et ados ? Démarche intéressante dans tous les cas.

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