Si le système de location de vélos Vélib n’était pas le premier en France, de part son ampleur il est néanmoins devenu en l’espace de 3 ans un symbole fort des nouvelles mobilités urbaines.

Entre parenthèses, il est assez cocasse de constater un renversement des modes d’évolutions entre les vieux pays industrialisés qui tentent d’inciter aux modes de transport « doux » dans leurs grandes métropoles, tandis que les capitales des économies émergentes s’engouffrent dans la voiture individuelle et bâtissent des autoroutes urbaines à 3 niveaux… Ainsi les meutes de scooters et autres 2 roues attendant aux feux rouges parisiens font irrémédiablement penser à Hanoi ou au Pékin des années 80, lesquelles font penser aux travaux pompidoliens du Paris des années 60-70…


Toujours est t’il qu’avec plus de 90 millions de trajets déjà enregistrés, le Velib semble avoir rencontré son public, et décide d’étendre sa marque avec le lancement d’une collection d’accessoires, casques, gants, paniers, etc, brandés « Velib ». On pourra critiquer le design et les tarifs des produits proposés, l’important n’est pas là, mais plutôt dans le fait que l’initiative est à la faveur d’une collectivité locale, à savoir la Ville de Paris.

Nous ne savons pas si les bénéfices des ventes seront aussi reversés à JCDecaux qui reste l’exploitant de la marque, mais qu’une ville lance une marque reste une initiative originale et intéressante. En effet, le Velib est devenue un élément fort de l’identité parisienne. Tout comme l’image de Londres est indissociable des black cabs et bus double deck rouges, celle de Paris est aussi fortement associée à quelques éléments de langages urbains, tels le dessin des plaques de rue, les bouches de métro Art nouveau de Guimard, et pourquoi pas… le Velib ?

Oui, on salue l’initiative de vouloir faire vivre et donner de la consistance à la marque « Velib » mais la réflexion stratégique aurait pu être menée avec bien plus d’ambitions. En jouant la carte d’une réhumanisation de la circulation parisienne, du dynamisme, de la jeunesse, du développement durable, en jouant sur l’image de la ville des amoureux et des ballades, le vélo gris aurait pu être vecteur de nombreuses valeurs à l’export, auprès des touristes.


Mais aussi auprès de ses habitants. Pourquoi pas des collections automne / hiver avec des accessoires chauds et couvrants, printemps / été avec des kits pique nique, apéro, retour de soirée… ? Un jour peut-être, les touristes chinois achèteront des velib en porte-clefs chez les bouquinistes des quais de Seine au même titre que les répliques de la Tour Eiffel. L’Histoire du monde est décidément pleine de contradictions.

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