On le sait, toutes les majors de l’énergie pratiquent des communications grand public tout en ellipse. Soleil couchant, jeunes enfants, océans… font partie d’une trilogie récurrente d’éléments symboliques associant l’énergie à la liberté et l’avenir. Du corporate pur et dur auquel plus grand monde n’est vraiment dupe.

Le groupe italien ENI joue des mêmes arguments dans sa nouvelle campagne mais avec un traité créatif original qui mérite quelques mots.

A la manière d’un plan séquence, le spot fait appel aux talents d’une artiste en dessinant avec ses doigts sur du sable posé sur une table de verre éclairée. Le résultat est doux, humain, naturel et en même temps emprunt de fragilité.

Ce traité, plein d’empathie vient un peu pondérer le discours tout fait distillé par une voix off dont le ton et le phrasé il faut le dire, n’est pas du tout raccord avec la tonalité générale du film.

A l’inverse de certains films, notamment ceux d’Areva, qui en utilisant l’animation de synthèse désincarnent encore un peu plus leurs activités déjà souvent peu lisibles par le grand public, le sable nous ramènent au sol, à la terre, et à l’énergie qui en est extraite, conférant de manière inconsciente une certaine proximité avec leurs publics.

De plus, ce traité original nourrit l’univers de la marque en lui conférant un territoire fortement attribuable.

Enfin, à l’opposé de la douceur de ce film, il est à noter que ENI doit posséder un des logos les plus curieux et antipathiques des groupes énergétiques. Résultat d’un concours public lancé dans les années 1950, le logo représente un centaure, animal légendaire à 6 pattes, évoquant ici les quatre roues d’une voiture et les deux jambes de son conducteur, et censé incarner l’idée de vitesse propre à l’automobile…

En 2011, après Tchernobyl, de nombreuses crises pétrolières et la nécessité de changer de paradigme énergétique, un sérieux lifting de ce logo serait plus que nécessaire…

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