Vous êtes peut-être tombée sur cette grosse campagne menée il y a quelques semaines par les acteurs de la filière papier : “j’aime mon prospectus”. Avec 13 millions d’exemplaires distribués, la campagne ventait le rôle positif, et écologique, du prospectus dans la chaîne d’information et le maintien du lien social.

D’un côté nous avons « stop pub », une opération menée par le ministère de l’Écologie qui incite, en mettant un autocollant sur sa boite aux lettres, à signaler son refus de recevoir des prospectus publicitaires. Objectif, limiter la masse de nos déchets. Chaque foyer français recevant chaque année 31kg de courriers non adressés…

De l’autre, nous avons donc la réponse des industriels, arguant le fait que « le papier est un des rares produits à la fois naturel, renouvelable, recyclable, non toxique et biodégradable », et n’hésitant pas à affirmer que « dans un monde zéro papier, il y aurait moins de forêt…[et] plus de CO2 ».

Le papier utilisé utilisant comme matière première soit du bois issus des coupes d’entretien pratiquées en forêt ou des chutes de l’activité de sciage, soit de papiers et cartons recyclés issus du tri sélectif. Par ailleurs, l’ensemble de la filière ferait travailler 500 000 personnes.

Entre les deux, nous avons certains annonceurs gros consommateurs de prospectus qui se lancent dans des initiatives de développement durable, tel les supermarchés E.Leclerc, qui d’ici à 2020 promettent de ne plus utiliser aucun prospectus.

Alors qui (a-t-on envie de) croire ? Ce débat, qui en rejoint bien d’autres, est une nouvelle illustration des mutations qui affectent notre société moderne, à l’instar des difficiles problématiques de réorganisation de la carte géographique des services publics, de la fracture numérique, bref de l’accès universel garanti aux mêmes services et informations.

Alors oui, c’est vrai, tout comme internet n’a pas tué le livre, le prospectus, le papier imprimé, depuis 3 siècles qu’il existe, vivra toujours en parallèle des tablettes et autres affiches numériques. Chaque nouvelle technologie ne remplace pas l’autre mais la complémente.

Mais, dans le même temps chacun défend ses intérêts à court terme. Car ces mêmes grandes surfaces qui s’engagent à ne plus vouloir polluer la planète avec leurs prospectus nous font désormais payer en caisse, sous couvert d’écologie, des sacs plastiques, autrefois gratuits. Pourquoi ces sacs plastiques payants ne serait t’il pas remplacé par des sacs… en papier ?

Et allez, rêvons, pourquoi ne pas donner à ces prospectus papier sujets à discorde une double utilité, à savoir continuer à informer mais aussi être déplié à la manière d’un origami pour ainsi de transformer en sac de course, en papier ? On a bien fait des sacs à caca pour les chiens.

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