Depuis hier la campagne print du 1er site français de rencontres extra-conjugales s’affiche sur les murs des quartiers chics (pourquoi ?) de Paris.

Le choix de faire d’un violet franc l’unique couleur des affiches est fort en symbolisme. Cette couleur duale évoque tout à la fois l’élévation spirituelle, la mélancolie, la méditation, l’introspection, mais aussi le deuil, l’église, le mystère… Tout un programme. Les accroches renforcent encore plus cette ambiguïté. Derrière leur ton décalé, on sent la volonté de dédramatiser le tabou de l’infidélité.

Notons enfin la pertinence du timing. Le message vient résonner dans notre esprit et l’on ne peut s’empêcher de penser aux affaires grivoises de l’ex directeur du FMI qui font la Une de l’actualité depuis plus de 5 semaines. Plus prosaïquement, en choisissant de communiquer en début d’été, à la veille des grands départs en vacances, l’annonceur sait pertinemment que cette période est celle où les familles et les couples sont amenés à se séparer pour certaines durées. Parce que souvent, l’un des parents reste travailler tandis que l’autre accompagne les enfants…

Qu’en penser ? Est ce bien de mener campagne pour inciter à l’immoralité, à la tromperie ? On peut sans risque imaginer que les affiches vont très vite provoquer des levés de boucliers de la part d’associations diverses. Et pourquoi pas être récupérées politiquement, à un an d’une présidentielle. Dans tous les cas, dans notre société où ses valeurs traditionnelles tombent les unes après les autres, Gleeden ose en bousculer encore une autre, pour juste un peu de buzz et d’argent.

Le discours du site s’inscrit dans cette tendance actuelle qu’est le « maturalism ».
C’est à dire la capacité à s’adresser de manière très adulte à une cible étroite, responsable et mature en terme de choix de consommation.

Enfin tout de même, il serait intéressant de savoir que ce pensent les enfants et ados en construction d’identité de cette campagne d’affichage, qui leur véhicule une vision désacralisée et futile du couple et de la famille. Quand on sait que la Mairie de Paris avait interdit l’accès aux mineurs de l’exposition de Larry Clark sur la période de l’adolescence pour cause de nudité sur certaines photos, on se dit que notre société est effroyablement schizophrène.