Plus de vingt cinq ans après sa découverte, parler du SIDA reste toujours délicat et clivant, même en France. Souffrant de clichés insinuant que sa propagation ne se fait que chez certains types de populations ayant des conduites à risque, des associations se sont crées afin de conduire des campagnes d’informations et préventions sur le sujet.

Ainsi, depuis quelques années, l’association AIDES nous a habitué à des films décalés, rigolos mais aux messages néanmoins efficaces quand à la nécessité de l’usage du préservatif. Cet été, une nouvelle campagne est lancée afin de promouvoir une nouvelle technique de dépistage du VIH.

En effet, plus besoin de se rendre dans un hôpital et d’avoir à attendre de longues semaines le verdict pour être informé. Il suffit désormais de se faire prélever une goutte de sang de son doigt pour avoir le résultat 30 minutes après.

Afin de promouvoir ce dépistage rapide, l’association fait du doigt l’élément central de son dispositif de communication, baptisé « sexyfingers ». Un film viral le met en scène dans une multitude de situations dont on vous laisse juge…

Un site ludique permet de d’expérimenter soi-même chacune de ces scènes et d’obtenir plus d’informations sur ce nouveau procédé de dépistage. Enfin une appli smartphone permet de continuer à jouer avec son doigt. Des dépistages rapides ont aussi lieu durant l’été sur les plages et dans les night clubs.

Evidemment les réactions ne se sont pas faite attendre. D’aucuns trouvant l’idée débile et faisant l’apologie des sexualités, d’autres au contraire se réjouissent de cette prise de parole osée mais efficace.

Cela dit, en utilisant les codes du jeu pour rendre le message plus percutant, AIDES reprend ici à son compte la tendance croissante de la « gamification » qui se propage à nombres d’actions marketing actuelles. Et en choisissant de capitaliser sur le doigt, nouveau vecteur de dépistage, le message se propage efficacement.

L’idée sous-jacente étant certainement de provoquer une dédramatisation du dépistage et de l’ancrer dans les habitudes, voire en multiplier l’usage auprès des populations les plus « joueuses ». Cela dit, la cible qui sera le plus touchée par cette approche risque d’être celle qui pratiquait déjà le dépistage, non celle qui, par tabou ou méconnaissance ne le faisait pas.

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