Si lors de notre dernier post, nous critiquions la faiblesse du message véhiculé par la campagne de promotion des librairies, voici un parfait contre-exemple de promotion du livre signé d’un libraire en ligne brésilien.

Un idée juste, subtile, poétique et bien exécutée, telle est la campagne « I want to be the text of a book ». Ainsi, tour à tour, les mots présents sur une notice de médicament, un ticket de caisse et une annonce publicitaire se rebellent contre la fonction à laquelle on les a assignés et revendiquent une utilisation plus noble. Ainsi le texte de l’annonce proclame ne pas vouloir être court, celui du ticket ne veut pas être impersonnel et celui de la notice a envie d’être lu pour le plaisir et non par besoin.

Par ces manifestes, les mots entendent sortir de leur usage galvaudé et banal pour être utilisé à leur juste valeur, celle d’avoir le pouvoir de raconter de longues histoires, stimulant l’imagination et invitant à la réflexion. Le concept n’est pas loin du message de « la ferme des animaux », une nouvelle de George Orwell décrivant une ferme dans laquelle les animaux se révoltent puis prennent le pouvoir et chassent les hommes, à la suite de la négligence de ceux-ci à leur encontre.

Qui d’autre qu’un libraire pouvait s’approprier cette idée ? Dans une société qui n’a jamais autant utilisé les signes et les mots pour communiquer, mais qui ne leur confèrent qu’un rôle utilitaire et fugace (les pages web, les SMS, les emails, les consignes, etc) le libraire est plus que jamais le dépositaire des vrais mots, ceux qui peuvent raconter une histoire qui reste.