En étant certainement une des campagnes actuelles les plus pertinentes du secteur optique, Krys continue sa saga autour de la promesse « Vous allez vous aimez ». Jouant sur le ressort de la confiance en soi retrouvée, le premier épisode mettait en scène des anonymes avouant une de leur faiblesse, physique ou comportementale, laquelle avait à leur yeux disparue depuis le port de leur paire de lunette Krys : « Avant j’étais… Mais ça c’était avant ».

La nouvelle série d’affiches utilise la même mécanique mais la transpose à des célébrités françaises populaires. Cette auto-dérision mise en scène renforce encore le discours de la marque, en illustrant le fait que nous sommes tous égaux face à nos fragilités.

L’optique est un secteur qui investit beaucoup en communication, et dans lequel curieusement les positionnements sont assez faibles. La plupart des acteurs tentent d’émerger en ayant recours à des stars (Johnny chez Optic 2000, Antoine et Adriana Karembeau chez Atoll, Zidane un temps chez Grand Optical), ou encore Afflelou qui depuis ses débuts publicitaires est incarné par son fondateur. D’autres, nouveaux venus type La Générale d’optique développent un discours d’outsider axé sur l’accessibilité de leurs produits.

Face à ces territoires de marques creux, Krys détonne en prenant le parti d’occulter le discours produit pour se concentrer sur un bénéfice consommateur clef, à savoir le bien-être et la confiance en soi retrouvé. Un parti-pris totalement pertinent dans une époque de crise économique et sociale où l’estime et la valorisation de soi (self branding ?) deviennent des facteurs de plus en plus importants dans la vie personnelle comme professionnelle.

Krys se place ainsi au dessus de la mêlée en s’adressant à l’intimité de l’individu. La démonstration prend encore plus de force lorsque, comme aujourd’hui, Krys choisit elle aussi d’utiliser des stars, à l’instar de ses concurrents. Elle le fait non pas pour s’en approprier la notoriété et en faire des ambassadeurs, mais pour renforcer sa logique de proximité avec l’individu lambda, en utilisant la star à contrepied. Un discours tout en empathie et intelligence qui crée un vrai attachement.