Avec 7 millions d’utilisateurs, Instagram est une application iPhone qui a rencontré un beau succès en 2011 si tant est si bien qu’il est devenu le 1er réseau social mobile devant Foursquare qui lui est pourtant multi-plateforme ! Moins inquiétant en effet d’échanger ses photos que de dire où l’on se trouve…

Le principe est très simple : téléchargez l’appli gratuite sur votre iPhone, prenez les photos que vous voulez, appliquez leur un joli filtre vintage arty très tendance et partager les sur les réseaux sociaux. Il n’existe pas de site web instagram à proprement parler mais des sites dérivés qui permettent de créer des galeries et de tagger ses images à la manière des # twitter. Il est aussi possible de suivre les comptes de personnes nous intéressant.

Une façon de pouvoir raconter son quotidien en image, et de le re-esthétiser grâce à des filtres artistiques. Plusieurs facteurs peuvent expliquer le succès de cette application. D’abord, les appareils photo sur smartphones offrent désormais une bonne résolution d’image, ensuite Instagram est réellement très simple d’utilisation et permet à tout le monde se sentir « artiste ».

Enfin et surtout la « photo sociale « est devenue un véritable langage en soi sur internet, pouvant susciter partages et commentaires. Puisqu’une image vaut mille mots et qu’écrire demande un effort et de la concentration, la photo fait office de narration visuelle tout en la rendant sexy via les filtres. Une sorte de look book de sa vie en quelque sorte, ou enfin une version numérique du défunt Polaroïd qui offrait lui aussi ce côté ludique et esthétisant.

Evidemment le principe plait aux marques, surtout à celles possédant un univers à l’imagerie forte. On pense aux marques de luxes bien sur, qui telles Burberry ou Gucci commencent à utiliser ce service pour montrer en flux photo les backstages des défilés de mode, à la place ou en complément des vidéos. Starbucks bien sur toujours à la pointe en terme d’innovations propose à ses clients de partager leur expériences avec la marque (#Starbucks).

En décembre, c’était Airfrance qui organisait un jeu-concours dans lequel les participants devait poster une photo en relation avec la compagnie. (#SpotAirFrance). On peut aussi imaginer la plus-value que peuvent en retirer les offices de tourismes et autres guides de voyage en terme de création de contenus visuels incitatifs et subjectifs. Tout récemment c’est Levi’s qui a lancé un casting mondial destiné à révéler de nouvelles égéries « street style » pour de prochaines campagnes de pub (#iamlevis).

Instagram serait donc une énième manière pour les marques d’engager ses clients et fans via le crowdsourcing, permettant d’enrichir leur univers de marque à peu de frais et de « créerunenouvelleproximitéaveceux ». Mais au fait, quid du droit à l’image, du copyright ? Véritable problématique à l’heure de la prolifération des contenus crées par le public. Chez Instagram c’est simple, il n’y en a pas, ou plutôt les CGU du service stipulent qu’il se réserve le droit de céder les images à des tiers, entreprises etc. On comprend mieux l’intérêt des marques. La possibilité de se créer à la fois des photothèques mondiales atypiques et gratuites, et de pouvoir les utiliser et les faire se propager à bon compte…